Enseignement en inuktut : la Cour suprême rejette la demande d’appel du Nunavut
Le litige qui oppose depuis plusieurs années le gouvernement du Nunavut et l’organisme territorial Nunavut Tunngavik inc. (NTI) concernant l’enseignement de l’inuktut ira de l’avant à la Cour de justice du Nunavut. La Cour suprême du Canada a rejeté jeudi la demande d’appel du gouvernement territorial, qui tentait d’obtenir le rejet de la poursuite. En 2021, NTI a déposé une poursuite contre le gouvernement du Nunavut, l'accusant d’avoir failli à sa tâche d’offrir un système d'éducation en langue inuit aux jeunes tout en les discriminant. NTI plaide que le gouvernement a violé les droits à l'égalité des jeunes Inuit, protégés par la Charte canadienne des droits et libertés et Jeremy Tunraluk croit que la décision de la plus haute cour au pays envoie un signal clair : Le gouvernement a essayé à plusieurs reprises d’obtenir le rejet de cette poursuite à la Cour de justice du Nunavut, à la Cour d’appel du territoire, puis à la Cour suprême du Canada. Le premier ministre du Nunavut, P.J. Akeeagok, a affirmé en mêlée de presse qu’il respectait la décision de la Cour suprême. J’ai vraiment hâte de tourner la page et de continuer à travailler avec NTI pour voir ce que nous pouvons faire pour relever certains des défis qui ont été identifiés. L’inuktut est le terme employé pour désigner la langue inuit, qui regroupe plusieurs dialectes, dont les principaux sont l’inuktitut et l’inuinnaqtun. Or l’inuktut est la langue maternelle de moins en moins d’Inuit au Nunavut. En 2021, le dernier recensement de Statistique Canada relevait qu’elle l’était pour environ 62 % de la population (seule ou en combinaison avec une autre langue), comparativement à 72 % en 2001. Pour contrer cette baisse, la Loi sur l’éducation de 2008 devait instaurer, dès 2019, un parcours scolaire complètement bilingue de la maternelle à la douzième année, mais le gouvernement territorial n’est pas parvenu à atteindre cet objectif, citant notamment une pénurie d’enseignants. À l’automne 2020, l’Assemblée législative a plutôt adopté le projet de loi 25, pour modifier cette Loi sur l’éducation et celle sur la protection de la langue inuit afin de repousser une partie de son objectif de 20 ans. Dans sa poursuite originale, l’organisme NTI soutenait que la nouvelle loi ne prévoyait plus une éducation entièrement en inuktut pour tous les niveaux, mais seulement l’offre de cours d’inuktut. L'inuktut connaît un déclin au profit de l'anglais au Nunavut depuis les dernières années. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson Au mois de mars, le ministère territorial de l’Éducation a annoncé le lancement d’un premier cursus scolaire bilingue propre au Nunavut à compter de la nouvelle année scolaire. Jusqu’à maintenant, le système d’éducation se basait sur les programmes de provinces au pays, dont l’Alberta. Le cursus sera d’abord offert aux élèves de la maternelle et de la première année, puis à un niveau scolaire supplémentaire chaque année, jusqu’à la mise en œuvre complète jusqu’en douzième année en 2036. Le président de NTI juge tardive cette cible, mais il estime qu’il est encourageant que le gouvernement du Nunavut cherche à progresser en matière d’enseignement de l’inuktut. Avec les informations de Samuel Wat et TJ DhirLe cœur de ce litige était de sauver notre langue et de s’assurer que le programme d’études pour les Inuit [...] soit conforme aux normes d’éducation les plus élevées
, affirme le président de NTI, Jeremy Tunraluk.perpétue une discrimination systémique
en ne leur offrant pas une éducation dans leur propre langue, même s’ils sont majoritaires au Nunavut.Ça envoie le message selon lequel les Inuit ont le droit d’apprendre leur langue
, dit-il. L’inuktut n’est pas seulement une langue, c’est une partie de notre culture.
Maintenant, nous nous concentrons vraiment sur ce que nous pouvons faire pour régler [ce] conflit
, dit-il. Nous ne voulons pas passer des années en cour.
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